Par Roger Audroin

Mars 2026
La santé des enfants n’a jamais été aussi fragile, et pourtant la médecine scolaire s’effondre sous nos yeux. Dans tout le pays, et à Sartrouville comme ailleurs, infirmières, médecins et psychologues manquent cruellement, laissant les équipes éducatives seules face à des situations de plus en plus lourdes. Alors que les besoins explosent, l’école — dernier rempart pour repérer et accompagner les élèves en souffrance — manque dramatiquement de moyens. Il est temps de regarder cette réalité en face.
La médecine scolaire est en grande souffrance, il y a 900 médecins scolaires, 8 000 infirmières, sociaux et 7 000 psychologues pour 60 000 établissements d’enseignement et environ 12 millions d’élèves dans le 1er et second degré.
Les effectifs sont dramatiquement insuffisants, on peut malheureusement parler de désert médical à l’école (également) alors que la santé, notamment mentale, des jeunes se dégrade depuis plusieurs années comme le révèle l’enquête EnCLASS de 2022 et l’étude de la DRESS en 2024. C’est un pan entier de la santé publique qui vacille
Depuis la rentrée scolaire 2023, un protocole de santé mentale pour les élèves a été mis en place. La communauté éducative et les élèves doivent être informés de son existence. Sa mise en place était prévue dans chaque établissement du 1er et second degré à la fin d’année 2025.
Ce protocole doit faciliter le « repérage et la prise en charge des élèves en situation de souffrance psychique ». En soi, il constitue une bonne chose mais ne peut cacher le manque de moyens des services publics de psychiatrie, de la petite enfance, de la protection de l’enfance et du handicap. L’abnégation du personnel envers les élèves ne peut suffire. Leur dévouement ne peut masquer l’effondrement des services publics de psychiatrie, de la protection de l’enfance ou du handicap. Les familles le savent, les enseignants le vivent, les élèves le ressentent.
Il est urgent de donner les moyens à l’école de recruter du personnel spécialisé et formé pour accompagner et soigner les enfants et adolescents en difficulté. A Sartrouville comme ailleurs, les infirmières scolaires courent d’une urgence à l’autre, les psychologues sont trop peu nombreux, et les situations complexes s’accumulent.
Dans notre ville où l’accès aux soins est déjà difficile, l’école devient parfois le dernier lieu où un enfant peut être vu, entendu, orienté. Encore faut‑il que ce lieu ait les moyens d’agir.
Il est urgent de redonner à la médecine scolaire les ressources nécessaires pour accompagner et soigner les enfants et adolescents. C’est une question de santé publique, mais aussi de dignité et de justice pour tous les élèves.Tribune de Roger Audroin à venir en mars 2026