Cité des Indes, cité décriée, cité solidaire

Par Danielle Chodat

Septembre 2021

Vue de Sartrouville, petite banlieue pavillonnaire le long de la Seine, « Les Indes » c’est le plateau, autant dire le bout du monde. L’histoire remonte en 1971, lorsque le Logement français, construit une cité sur le lieu-dit les Indes.

Il fallait un grand espace pour construire des logements rapidement. Le plateau était une vaste zone de maraîchage.

En effet, cette résidence était, comme la majorité sur le plateau pour reloger les familles résidant dans la zone d’habitat insalubre du Vieux pays, et des deux  immenses bidonvilles, rue de Chatou et rue du Bas de la Plaine.

En 1971, la Résidence des Indes est perçue par ses occupants et par les urbanistes comme une « cité modèle aux appartements spacieux et confortables ». Peu à peu, les infrastructures nécessaires au quotidien des résidents s’implantent. En 1982, 5 563 habitants vivent à la « cité des Indes », il y avait une véritable mixité sociale.

Qui habite cette Cité maintenant ? Les personnes qui font le ménage dans vos bureaux, qui vident vos poubelles, qui sont aide-soignants, intérimaires, qui cumulent les petits boulots. Il y a même des chauffeurs de la RATP. Une population, qui n’a pas les moyens de s’acheter un appartement.

Dernièrement deux bus ont brûlé aux abords de la Cité. Jusqu’à aujourd’hui, les incendiaires n’ont pas été retrouvés. Les bus ont arrêté de desservir ce quartier et ensuite tout le Plateau. Une haine, des propos nauséabonds ont circulé sur les réseaux sociaux accusant les habitants de la Cité de tous les maux en particulier : « enfants, mal élevés », qu’il fallait supprimer les allocations familiales… Mesdames, Messieurs, les justiciers il faut savoir que les habitants ont subi la même « punition ». Peut-être en pire car, parmi eux, il y a beaucoup de « travailleurs de première ligne » avec des horaires variant de 5 h du matin à 22 ou 23 heures le soir.

Par contre, rien n’a été dit par tous ces détracteurs sur les services rendus par des jeunes habitants de la Cité. Ils étaient en première ligne pour apporter des repas aux personnels soignants pendant les confinements, ils aident les personnes âgées (courses à domicile), les enfants (fournitures scolaires). Ils ont fait « le taxi » pour emmener les Sartrouvillois du Plateau entre 4 h et 6 h. Oui, il existe une solidarité sur ce quartier que l’on ne trouve pas forcément dans les autres quartiers.

Alors tous les critiques, je vous invite à venir rencontrer les habitants, les jeunes de ce quartier, les associations présentes. Sortez de votre bulle, n’ayez pas peur, personne ne vous fera de mal.